Qui est-il vraiment ?

02/03/2020

Qui est-il vraiment ?

"L'ignorance n'est pas le manque d'érudition, elle caractérise plutôt celui qui ignore sa propre condition."

Au cours d'une soirée pendant laquelle nous discutions de confiance et de doutes à l'abord d'une compétition, et plus exactement de notre rapport à la présence du public venu y assister. J'essayais de rassurer les athlètes en leur disant que, de toute façon, chacun se préoccupe de lui ou de celui qu'il supporte, et la plupart du temps nos réussites ou nos échecs n'émouvront que ceux qui nous aiment. Mais un pratiquant, dont le gabarit n'est pas commun, à complété, et je le cite : "Moi, j'ai fini par m'en foutre. Regarde comment je suis habillé, tout le monde est sur son 31 et je suis en survêtement (c'était une soirée). À force d'être" le gros "depuis toujours, j'ai considéré que l'humanité était pleine d'enculés et donc, j'ai renoncé à plaire." et il poursuit : "tu en penses quoi ? Comment tu expliques que les gens soient comme ça ?"
Je dois dire que je n'ai aucune réponse définitive. Cependant, je lui ai rétorqué que l'ignorance me semblait être ce qui caractérisait le plus les réactions qu'il avait dû subir. L'ignorance n'est pas le manque d'érudition, elle caractérise plutôt celui qui ignore sa propre condition.
Les sagesses nous disent qu'une personne qui n'accède pas profondément à elle-même ne peut se définir qu'au travers de sa forme. C'est à dire, en fonction de son apparence corporelle mais également de son statut social ou de son activité psycho émotionnelle : l'analyse, le jugement, la critique, le clivage mais aussi la peur, la colère, le plaisir ou l'absence de plaisir…entre autres. Et donc, ne considérer l'autre qu'au travers de ce prisme.
Cela mériterait beaucoup plus de développement, mais c'est, à mes yeux, la racine du racisme, du sexisme ou de toutes formes de maltraitance, y compris animal, justifiées en raison de la pseudo appartenance à tel ou tel groupe. En l'absence d'une introspection avancée sur l'essence du vivant, seules des valeurs morales, relativement fragiles, nous interdisent d'y succomber. En effet, l'histoire nous prouve qu'en fonction des circonstances, soutenues par un éventuel discours de propagande, on amalgame très vite un type de population, y compris dans les meilleurs milieux…
Tant que nous continuerons d'identifier l'humanité comme nous-même en essayant de bâtir des châteaux avec du sable, c'est-à-dire en feignant d'ignorer le caractère changeant de notre forme, pouvons nous savoir vraiment qui nous sommes ?
Car le gros qui devient maigre comme le riche qui devient pauvre, l'adolescent joyeux devenu l'adulte triste et l'érudit qui devient sot devant sa voiture en panne…qui est-il vraiment ?

Les asanas sont-elles des exercices comme les autres ?