Mais où le yoga veut-il en venir ?

24/01/2021

Mais où le yoga veut-il en venir ?

"Par exemple, si je pense qu’on m’aime, j’ai confiance en moi, mais si je pense qu’on ne m’aime pas...eh bien, je perds, presque immédiatement, cette confiance."

Pour celles et ceux qui ne comprennent pas bien où le Yoga veut en venir, 3 des 4 premiers aphorismes du texte fondateur de Patanjali nous disent tout. Mais si leur compréhension n’est pas forcément aisée, c’est extrêmement présomptueux de ma part de tenter de vous les présenter de façon simplifiée et en 20 lignes. Il y a tant d’érudits qui ont écrit autour de ces quelques mots...mais bon, je me lance 🙂

 

Ces trois sutras les voici :
« Le yoga consiste à diminuer puis à suspendre les agitations du mental »
« Alors se révèle notre centre établi en lui-même »
« Dans le cas contraire, il y a identification de notre centre avec l’agitation

du mental »


Patanjali nous dit donc que si nous parvenions à avoir un mental moins agité, nous pourrions découvrir « un centre », une part de nous-même permanente (c’est à dire immuable), stable et illimitée. C’est-à-dire, qui n’est pas soumise à la dégradation ou à l’altération physique et mentale. 
Afin d’illustrer ce propos, je dis souvent en cours que si dans le torrent de la vie, nos pensées sont comme des feuilles légères et virevoltantes, Patanjali nous propose de découvrir et de devenir le rocher immuable et contemplatif de ce mouvement. 
Puis, il nous précise que si nous ne le faisons pas, nous finirons par penser que

« nous sommes cette agitation ». Et ainsi nous exposer à de nombreuses méprises, telles qu’une succession ininterrompue et contradictoires de considérations à l’égard de nous-mêmes. Par exemple, si je pense qu’on m’aime, j’ai confiance en moi, mais si je pense qu’on ne m’aime pas...eh bien, je perds, presque immédiatement, cette confiance.
Comment, dès lors, croire à ces appréciations de nous-mêmes si elles sont si insaisissables et si changeantes ?  Celui que je suis la veille n’est plus celui que je serai le lendemain, et il y a tant de paramètres incontrôlables, qui impacteront mon état, que je risque de chercher un bonheur qui ne cessera de m’échapper comme une savonnette mouillée.
Voici une description lapidaire du Yoga. Bien entendu, il est beaucoup plus complet, complexe et nous pourrions en disserter des heures. Cependant, lorsque je vois tous ces corps fantastiques, qui ne sont finalement que des moyens de transport pour ce « centre », rivalisés en posture merveilleuses et qualifiés cela de yoga, je m’interroge. Si je m’incline face à leur talent, je ne peux m’empêcher de me demander : Dans cette quête de performance et d’amour, qui sont autant de sensations et de sentiments opacifiants l’accès à notre « centre », n’entretiennent-ils pas l’agitation qu’ils ont pour objectif de suspendre ?

L’effort vers la calme et l’équilibre